Voici le collier de perles du Béam, les mots des voyageurs jetés au vent, donnés au torrent. Nous les avons cueillis dans de vieux livres, dans des chroniques oubliées, dans des relations de voyages posées sur les rayonnages des collectionneurs. À titre d’exemple, écoutons ce que dit Pierre d’Avity, en 1613, dans son joli et passionnant “Le Monde ou La description générale de ses quatre parties” :
Les Béarnais ont une gaieté et promptitude naturelle, avec un esprit bon, curieux & propre aux lettres. Ils sont fidèles & vaillants en guerre, & comme ils aiment la liberté & l’honneur.
Ils sont sobres & bons ménagers, quoique fort honorables & courtois à recevoir les étrangers. Les paysans y font de grand travail, & d’un esprit ouvert capable du ménage & de la plaiderie.
Les femmes sont accortes, propres en habits, chastes & aimant leurs maris passionnément. …] Elles sont agréables généralement, mais plus dans les vallées vers le Midi. (…)
Le peuple de Béarn aime sa langue naturelle, y est bien disant, & l’estime sur toutes autres, jusque là que les actions, prédications & procédures publiques ne se faisaient point en autre langue, […] On y parle assez diverse-ment, & chaque ville y a ses dialectes & termes particuliers.
Et ainsi de suite au fil des siècles où nous croisons célébrités et inconnus au verbe agile et à l’œil pointu : jules Michelet, T’historien poète, Hector Malot, celui de Sans famille, Henri Russell, l’intrépide pyrénéiste, et Françis Jammes, et Supervielle, et….
Alors le Béam et les Béarnais prennent corps et vie :
Ces petits hommes noirs et brülés, à méchantes mines, ont été les meilleurs marcheurs de l’Europe, pleins de feu, d’esprit, de ressources, d’une main leste et vive qui tirait dix coups pour un seul. (Michelet)










